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Vendredi15 vous avez raté "Vendredi 13" ??

16 Avril 2011 , Rédigé par Improlocos22 Publié dans #Improvisation théâtrale

affiche vendredi treize MAGIQUE

Vendredi 15 au "Petit Bistrot", tout ce que la sous-préfecture compte de notables avait rendez-vous dans ce lieu maintenant magique en haut du Jerzual pour un concert endiablé du Trio Vendredi 13.

Certaines bijoutières, charcutières et chefs d'entreprise du Pays de Rance, maquillées et liftées de neuf, avaient pour l'occasion troqué leur carré Hermès et leur collier de perles pour un jean et un discret sac Longchamp afin de côtoyer la roture. Leurs époux endimanchés (ce qui est rare pour un vendredi) s'encanaillaient à boire un demi au comptoir à la place de leur Cardhu pur malt 12 ans d'âge et devisaient gaiement avec la populace habituée à ce genre d'événement festif. 

Le colonel Yougoslavic et son épouse, la grande psychiatre de renom, occupaient une table dans le fond de l'estaminet loin de la scène. Couple discret dans la vie, ces dinannais débonnaires accompagnent quotidiennement des adultes dans un long processus de réinsertion et de resociabilisation et dans le cadre de leurs activités caritatives, proposent mensuellement aux cas les plus lourds, une thérapie comportementale dans un endroit public.

Hier donc, on a pu les voir en compagnie de trois patients, le quatrième n'étant arrivé que longtemps après. 

La première, violente paranoïaque à tendance schyzophrénique, a passé le concert à distribuer des gifles à tour de bras à ses voisins d'en face puis à se confondre en excuses affirmant que ce n'était pas elle. Elle sursautait en jetant des regards apeurés vers la porte où elle croyait à chaque fois voir apparaître le spectre de Saint Emmanuel.

La deuxième, hôtesse de l'air "rive gauche", bipolaire et tabagique à tendance hyperactive et alcoolique, a résumé son concert en allées et venues en patins à roulettes entre le bar, les toilettes et la terrasse où elle a grillé la bagatelle de deux cartouches de cigarettes. Le docteur a précisé qu'elle était insensible au froid et à l'humidité grâce à la consommation régulière et méthodique de cafés calvas, ce dont nous pouvons attester.

Le troisième, sain à première vue, souffrait de loghorrée verbale à tendance cabotine et était donc le cas plus lourd.

Se livrant constamment à des improvisations théâtrales auxquelles lui seul trouvait un intérêt, ponctuant les conversations de blagues éculées et de jeux de mots gras, de grimaces simiesques, de bruits divers et de sifflets à l'adresse du Trio Magique, il cherchait par tous les moyens à attirer l'attention, à se rendre intéressant afin de redonner un sens à son existence.

 

Il m'a été difficile de cerner la personnalité et les symptômes du quatrième mais tout dans son attitude rappelait le pervers polymorphe cocaïnomane anorexique.

Pendant que les trois autres s'empiffraient avec entrain de force tartines et tatins, le dernier arrivant jouait négligemment avec une olive. Il la poursuivait de ses assiduités avec un cure-dents en sirotant une boisson américaine gazeuse (souvent utilisée pour déboucher les lieux d'aisance et colmater les intestins délicats) en ponctuant chacun de ses succès de "t'aimes ça hein, salope?"

 

Et le concert? me direz-vous.


Et bien là encore il était frappé du sceau des époux Yougoslavic dans la mesure où l'un des musiciens du Trio, celui qui jouait de la contrebasse et était affublé d'un physique ingrat, était aussi un de leurs anciens patients. Pas encore totalement guéri mais bien intégré dans une structure qui reconnaît pleinement ses talents et essaie de les mettre en valeur, il a pu mesurer le travail accompli lorsqu'il a été confronté aux quatre malades de l'atelier d'hier soir.

 

Je passerai sous silence, parce qu'anecdotique, l'arrivée intempestive d'un visiteur médical spécialisé dans le toucher rectal que l'absorption de bières pression a vite rendu inintelligible (pas le toucher, le visiteur!) ainsi que celle de la fille adoptive des époux Yougoslavic qui revenait d'un pince-fesses bretonnant et qui a essayé mais en vain de convertir au Plinn et au Rond de Saint Vincent des patients conquis mais plus du tout étanches.

TRES BONNE MUSIQUE, TRES BONNE SOIREE DE L'AVIS DE TOUS

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